Numéro dix-neuvième : De Mytholgia

10,00

Avec la version papier, vous avez d’office accès à la version numérique.

Plus que 4 en stock

Catégorie :

Description


ETHERVAL 19 : De Mythologia

Sortie en novembre 2021

Notre sélection regroupe les textes de sept écrivains :

* Soleil levant, de Poulain Lucile
* La Mort de Balder, de Sacha D. Page
* Ne réveillez pas le chat qui dort, de Lily Fox
* De Lesoysk à Yelegrad, de Marion Zell
* Le Faiseur d’eau, de Julie Limoges
* Les Compagnons de Circé, de Sarah Dury
* Le Mont, de Jérôme Mauduit

Dans les temps anciens, dans toutes les civilisations, l’imagination foisonnante de nos ancêtres a contribué à la naissance de multiples mythes et légendes, divinités aux histoires fabuleuses et héros entreprenant des quêtes épiques. De nos jours, avec des mécanismes similaires, nos auteurs de SFFF imaginent des mondes, des aventures et des avenirs multiples. Et il n’est pas rare que SFFF et mythologie se rejoignent, que nos romans s’inspirent directement de mythes ou que les légendes anciennes s’immiscent dans des histoires originales. Dans ce numéro, nos héros connaissent les mythologiques antiques, issues de diverses civilisations. Qu’ils les étudient ou les subissent, qu’ils cherchent leurs vestiges ou espèrent leur concours, ces mythes vont changer leurs vies.

  • Lily Fox nous conte l’exploration des ruines d’un temple égyptien par une apprentie archéologue et son réticent grand frère dans Ne réveillez pas le chat qui dort.
  • Lucile Poulain nous emmène dans le pays du Soleil levant, un conte féerique entre artefacts légendaires et kamis bienveillants.
  • Julie Limoges nous plonge au cœur de la jungle africaine, sauvage et inconnue. L’absinthe est-elle la boisson la plus indiquée pour l’explorateur occidental ? Vous le saurez dans Le Faiseur d’eau.
  • Suivez Les Compagnons de Circé tandis qu’ils voguent sur les traces d’Ulysse pour trouver l’une des îles qu’il accosta lors de son long périple. Une aventure signée Sarah Dury.
  • L’héroïne de Marion Zell souhaite échapper à son sinistre destin. La protection des roussalki suffira-t-elle à la protéger lors de sa fuite De Lesoysk à Yelegrad ?
  • Sacha D. Page nous présente une Norvège futuriste, dernier havre de paix dans un monde devenu fou. Quand un groupe terroriste calque ses actions sur les anciens mythes nordiques, comment les empêcher de provoquer La Mort de Balder ?
  • Jérôme Mauduit suit la fuite de guerriers grecs épuisés par la bataille, la faim, l’altitude et les conditions météorologiques. Quand Le Mont s’approche à l’horizon et les malheurs s’abattent sur les hommes, la survie de chacun tient à peu de choses.

Didier Reboussin nous présente la bande dessinée La Foire aux immortels et son auteur Enki Bilal. Ensuite, Rachel Fleurotte nous invite à découvrir deux séries de bandes dessinées & mangas inspirés de la mythologie : Save me Pythie et Agape. En interview, AF Lune répond à nos questions sur son roman de SF Éternelle odyssée, paru aux éditions Noir d’Absinthe, où planet opera et mythologie se rejoignent. Enfin, nous vous proposons un article sur la manière dont les mythologies ont posé les bases de la littérature de fantasy. Pour finir, détendez-vous avec l’humour mythique des Missives d’Etherval (mythique au sens de « personne ne l’a attesté » ? À vous de voir…).


Ne réveillez pas le chat qui dort, Lily Fox

Illustration de Thierry Clet

Justin était plus qu’exaspéré par le comportement de sa sœur. Mais il ne pouvait décemment pas la laisser vagabonder toute seule sur le site de fouille en pleine nuit. Ses parents ne le lui auraient jamais pardonné.
Justin et sa sœur Clara, de deux ans sa cadette, avaient accompagné leur père, Abraham Walker, pour une énième fouille archéologique qui se déroulait cette fois-ci sur le site de Tell Basta, ayant autrefois été la puissante cité de Bubastis. Non loin, la ville de Zagazig commençait à étendre progressivement ses tentacules sur ce qui aurait sans doute pu être de grandes découvertes mais qui resterait à tout jamais dissimulé sous les infrastructures modernes.
Le site était vieux et les trouvailles trop peu intéressantes pour empêcher l’expansion à venir de la cité du delta. Mais Abraham, persuadé que tout n’avait pas encore été révélé, se battait bec et ongles avec les autorités dans le seul but de gagner un peu de temps. Si on lui laissait quelques années de plus, il le savait, il mettrait de nouvelles salles en lumière !

Soleil levant, Lucile Poulain

Illustrartion de Thomas Convers

— Il y a très, très longtemps, Amaterasu envoya son petit-fils, Ninigi, rejoindre la terre des hommes pour les rassembler sous sa bannière. Ninigi eut lui-même des enfants et l’un de ses descendants, Jinmu, fonda ce qui devint l’empire du Yamato, notre pays, le Japon. Depuis ces temps anciens, la lignée impériale se transmet de génération en génération trois trésors qu’Amaterasu confia à Ninigi : le joyau de Yasakani, objet de bienveillance et d’apprentissage, le miroir de Yata, symbole de sagesse et de compréhension, et l’épée de Kusanagi qui confère à son détenteur la faculté de faucher ses adversaires aussi facilement que du blé. L’épée disparut un jour, lors de la bataille de Dan no Ura qui se joua ici-même, il y a huit siècles. Deux clans s’opposaient alors : les Minamoto et les Taira. Vaincus, nombre de guerriers Taira se jetèrent dans la mer et, avec eux, le petit empereur Antoku, un enfant de 6 ans, et l’épée de Kusanagi qu’il détenait. Les Minamoto prétendirent que des pêcheuses de perles l’avaient retrouvée mais c’est faux. L’épée aujourd’hui conservée dans un sanctuaire n’est qu’une réplique. L’original repose toujours au fond du détroit de Shimonoseki. C’est elle que mes hommes recherchent. Nos supérieurs pensent qu’en réunissant l’épée aux deux autres insignes impériaux, nous restaurerons le pouvoir sacré du Japon et obtiendrons celui d’annihiler nos ennemis.

Le Faiseur d’eau, Julie Limoges

Illustration de Charlotte Granié

C’était ici, là où il se tenait, que le dernier explorateur, un hurluberlu nommé Divin-pardonne Parlehaut, avait terminé son expédition pour découvrir la source de la Grande rivière blanche. Pour lui, aucun doute qu’il s’agissait de la source principale du fleuve mythique et il était rentré au pays pour présenter sa trouvaille à la reine Vainqueuse Hauterive. Il n’avait pas eu le temps de défendre sa théorie qu’un accident de chasse l’avait foudroyé. De nombreux explorateurs avaient opposé que le mystère restait entier, surtout lorsqu’on considérait que le fleuve connaissait plusieurs passages souterrains plus bas sur son lit.
Un moyen de forcer la main aux mécènes pour financer toujours plus de ses expéditions coûteuses ? Ou une vraie curiosité scientifique ? Hautegloire s’en fichait. Son employeur le payait pour s’assurer que Pierrevivante donne des résultats, et le missionnaire avait déjà réussi à trouver la source décrite par Parlehaut. Ils allaient maintenant commencer l’ascension des montagnes de la Lune et tenter de découvrir l‘endroit où les eaux s’engouffraient pour ressortir dans cette modeste piscine. Car, quelque part sur ces versants abrupts, la vraie source les attendait, perdue dans les brumes éternelles.

Les Compagnons de Circé, Sarah Dury

Illustration de Thierry Nicolson

— Pense au crédit de la découverte ! s’écria Emiliano. Elle t’a montré la reconstitution du voyage d’Ulysse avec des îles manquantes, le point toujours nuageux sur toutes les cartes satellites, les zones sans contact radio, les données des naufrages des vingt dernières années, d’où viennent les débris que les courants rejettent. Qu’est-ce qu’il te faut de plus ?
Giulia haussa les épaules. Encore au moment d’embarquer sur le jet-boat, elle montrait ses doutes quant à l’existence d’une île inconnue dans la mer Ionienne. Heureusement, le sourire débordant d’entrain d’Emiliano pendant qu’il montait à bord la persuada une fois de plus. Il voyait là l’occasion de se démarquer des autres stagiaires de notre chantier de fouilles, de démarrer sa carrière sur les chapeaux de roue par la découverte d’un temple perdu sur une île déserte, d’inscrire nos noms aux côtés de Laura Craft et d’Hindiana John.
Pour ma part, j’avais un deuxième objectif en vue.

 De Lesoysk à Yelegrad, Marion Zell

Illustration de Lebakarau

D’un pas assuré, elle grimpait les talus et sautait de rocher en rocher en prenant garde de ne pas déraper sur le sol humide. Enfin, sous les basses branches, se dessina sa destination. L’Aleisna s’écoulait en brassant de gros remous en contrebas. Cette petite branche du fleuve Piavlovna traversait la forêt de Slava et faisait de Lesoysk, où vivaient les Novikov, un village plutôt isolé. Il fallait marcher près de deux heures pour accéder au premier pont qui conduisait à la ville la plus proche.
Marfa s’accroupit en relevant sa robe, pour en épargner les quelques pans qui n’étaient pas déjà maculés de boue. Elle mit sa main droite dans la poche de son tablier et en retira un morceau de pain rassis. Avec un regard attendri, elle le déposa sur la berge et trempa le bout de ses doigts dans les flots clairs et sauvages. Elle ne tarda pas à les retirer : l’eau était glaciale.
— J’ai pensé à toi, dit-elle à voix basse.

La Mort de Balder, Sacha D. Page

Illustration de Valery Blaise

Concentre-toi, se dit-il. L’informateur a dit : « près de l’Hôtel de Ville ». Léo se récitait la description probable de leur cible, celle qu’Iben avait donnée lors de leur briefing, basée à la fois sur les informations de leurs indics… et sur les mythes nordiques.
Selon l’Edda de Snorri, Geirrod était un jötunn, avait-elle expliqué. Les Enfants de Loki donnent des noms de géants à leurs membres physiquement imposants. À leur manière, ils respectent les mythes à la lettre. Geirrod était même particulièrement fort, à tel point qu’il se sentait d’affronter Thor. Nous devrions nous attendre à un homme dans les deux derniers déciles en termes de taille, carré et puissant.
Un groupe d’adolescents bouscula Léo, sans lui jeter un regard. Les corps serrés contre lui, la chaleur… il commençait à sentir quelque chose monter, des souvenirs d’autres rues, une autre langue, une autre foule, moins riante, plus méfiante. Agressive.

Le Mont, Jérôme Mauduit

Illustration de 570

La bise des Monts Taurus était mordante. La neige battait douloureusement les visages. Le capitaine Philippos observa ses hommes une nouvelle fois. Il en eut le cœur retourné. Ils n’étaient plus que quinze.
Après une embuscade, près d’une centaine s’étaient trouvés isolés de la colonne de Xénophon, puis des cavaliers les avaient traqués sans merci. Heureusement, les monts abrupts avaient fini par leur redonner l’avantage. Les combats étaient devenus incessants, ces derniers jours, mais Philippos avait réussi à regrouper les survivants et à s’engager dans des terres où même les terribles Mèdes ne pourraient pas les rattraper.
Mais qui aurait pu prévoir qu’un ennemi bien plus terrible les attendait ici ? Le climat s’était avéré plus féroce que les Perses et les Mèdes.
Jamais le capitaine grec, ni aucun de ses compagnons, n’avait connu cela. Vingt hommes étaient encore tombés, morts de froid.


Étherval, c’est aussi :

Illustration de Koize
  • Un article de Didier Reboussin sur La Foire des immortels, BD d’Enki Bilal.
  • Interview d’AF Lune, auteur d’Éternelle odysée, aux éditions Nor d’Absinthe
  •  Article de Rachel Fleurotte,  sur  Save the Pithieet Agape
  • Article de Stéphane Lesaffre sur les mythes qui ont inspiré la fantasy.
  • Les Missives d’Etherval

 

 

Les contributeurs du numéro 19 : « De Mythologia » :

Rédacteur en chef : Stéphane Lesaffre

Auteurs : Lily Fox, Lucile Poulain, Julie Limoges, Sarah Dury, Marion Zell, Sacha D. Page, Jérôme Mauduit.

Illustrateurs : 570, Valery Blaise, Thierry Clet, Thomas Convers (+couverture), Marie Charlotte Granié , Koize, Labakarau,  Thierry Nicolson, (Pixabay & Wikimedia/pedia, BLASfemia_Bernal, Yoshikazu, Wizca, julientromeur)
Articles : Didier Reboussin, Rachel Fleurotte, Stéphane Lesaffre
Mise en page : Morrigan (PAO), Stéphane Lesaffre (PAO), A.D (papier, epub-mobi)
Correcteurs : Rachel Fleurotte,  Stéphane Lesaffre, Catherine Loiseau, Audrey Aragnou, Marie Angel.

Avis

Il n’y a pas encore d’avis.

Soyez le premier à laisser votre avis sur “Numéro dix-neuvième : De Mytholgia”